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ISOTHERME 0 degré

iso 0

Lorsqu’un ballon-sonde s’élève, il traverse des couches d’air de plus en plus froides (sauf inversion) et atteint toujours un niveau où la température est de 0°C. En lâchant plusieurs ballons à différents endroits, on obtient un ensemble de points à 0°C, formant une surface fictive en altitude appelée isotherme 0°C (ou "iso 0" en jargon météo), utilisée notamment par les pilotes, alpinistes ou parapentistes.
En cas d’inversion, plusieurs isothermes 0°C peuvent apparaître, mais seule la plus élevée est retenue. On utilise aussi l’iso -10°C, généralement située 1700 m au-dessus de l’iso 0.
L’iso 0 varie peu localement et peut être quasi plane sur de vastes zones, surtout en anticyclone. Elle ondule entre zones chaudes (anticyclones) et froides (dépressions), avec parfois des ruptures marquées, notamment à l’approche des fronts. En période perturbée, son altitude peut varier de plus de 1000 m en quelques heures, indiquant des changements thermiques importants.
Elle offre une vue simplifiée mais efficace de la structure thermique verticale de l’atmosphère. Son évolution est suivie dans les bulletins, car elle en dit long sur les conditions à venir. Par exemple, une iso 0 au-dessus de 4000–4500 m en été annonce souvent du beau temps en montagne, alors qu’en dessous de 3000 m, les conditions seront probablement mauvaises.
Pour les montagnards, l’iso 0 est un indicateur précieux : elle permet d’évaluer la qualité du regel nocturne, les risques de chutes de pierres, d’avalanches, de ruptures de corniches ou de séracs (bien que ceux-ci dépendent surtout de la dynamique glaciaire).

Le NIVEAU de GEL

iso 0

L’iso 0 ne suffit pas à décrire les températures réelles sur les pentes, dans les couloirs ou les creux, car elle concerne uniquement l’atmosphère libre, loin des effets du sol. Or, le sol influence localement la température selon sa nature (neige, roche, végétation…), sa couleur, son exposition et la topographie.
Le niveau de gel réel varie donc fortement, même à altitude égale. La nuit, le froid descend vers les zones basses, surtout en cuvette, où la neige peut geler bien en dessous de l’iso 0. Par exemple, avec une iso 0 à 4000 m, un névé peut geler à 2000 m.
De nombreux facteurs jouent : humidité, nuages, vent ou calme, forme du relief (couloirs, creux…). En été, les bulletins météo précisent souvent la qualité du regel nocturne, essentielle pour les alpinistes.

Sur l'image de gauche, 2 exemples de décalage entre "iso 0" et "niveau de gel", le jour et la nuit.

Les INVERSIONS de TEMPERATURE
un phénomène fréquent en hiver

inversion

La température varie fortement à l’horizontale (vent, nature du sol, relief, nuages…) et diminue généralement avec l’altitude. Mais en hiver, ce schéma s’inverse parfois : il fait plus doux en altitude qu’en plaine.
En cause : un soleil faible, des nuits longues, un sol froid (souvent enneigé) qui agit comme une plaque réfrigérante, refroidissant l’air au contact. Une nappe d’air froid s’installe alors près du sol, sur 1000 à 1500 m d’épaisseur, surtout en situation anticyclonique. Cet air dense reste bloqué, formant une inversion de température.
La montagne accentue ce phénomène : l’air froid des pentes dévale vers les vallées, amplifiant le refroidissement. Dans cette couche basse, le froid, l’humidité et la pollution s’accumulent. Sans échange avec l’air au-dessus, elle devient de plus en plus froide et humide. En cas de vent doux, cette couche peut être comprimée à quelques dizaines de mètres, rendant les conditions très désagréables : brouillard dense, givre, pollution concentrée.
La surface d’inversion, zone de transition vers l’air plus doux, se situe vers 800–1200 m. C’est là que la température est la plus basse, avec souvent du givre et une visibilité très réduite.
Au-dessus, changement radical : air clair, sec, lumineux et souvent 10 à 15°C plus chaud. L’humidité chute (30–40 %), et le confort thermique est bien meilleur. Ainsi, l’inversion, défavorable en plaine, est souvent un avantage pour les activités hivernales en montagne.

inversion

Ci-contre, un profil de radio-sondage avec plusieurs inversions dont 2 plus marquées (une au sol et l'autre à 1500m, radiosondage de Payernele 1er février 2023 à 00 UTC)

LE RAYONNEMENT

globe pente

Surfaces éclairées par un même tube de lumière selon l’incidence
(sur le globe à gauche et en montagne à droite)

inversion

Répartition de l’énergie solaire
L’énergie solaire est d’autant plus efficace que les rayons frappent la surface perpendiculairement. Si les rayons sont parallèles à la surface, aucune énergie n’est transmise. Ainsi, la Terre connaît une grande variété de températures : fortes à l’équateur, où les rayons sont presque toujours perpendiculaires, et faibles aux pôles, où l’inclinaison est très oblique, voire parallèle (équinoxes), ou absente (nuit polaire).
Les saisons modifient cette répartition : par exemple, à 60° de latitude Nord, 1 m² de sol reçoit en janvier seulement 9 % de la chaleur reçue en juillet.
Tout corps émet de la chaleur sous forme de rayonnement infrarouge, invisible mais permanent, dans un échange constant avec son environnement. Ces échanges visent un équilibre, sans cesse perturbé (nuages, variations, etc.). Un mur, un radiateur ou une tôle au soleil émettent ainsi une chaleur invisible, mais perceptible.
Avant d’atteindre l’atmosphère, le Soleil envoie en moyenne 1370 W/m² sur une surface perpendiculaire. Cette valeur reste stable. À titre de comparaison, un radiateur électrique émet environ 3000 W/m². Mais, répartie sur l’ensemble de la surface terrestre (sphérique), cette puissance tombe à 342 W/m² en moyenne, avec une distribution inégale à cause de l’angle d’incidence, des nuages, de la pollution et du filtrage atmosphérique.

inversion

Le rayonnement terrestre
La Terre, comme tout objet, émet un rayonnement vers l’espace. En permanence, deux flux opposés coexistent : celui qui arrive du ciel et celui qui en repart. Le bilan énergétique varie selon le moment de la journée.
- de jour : par ciel dégagé, le Soleil chauffe le sol, qui émet aussi un rayonnement (invisible). Les nuages limitent les échanges (par réflexion et absorption) : moins d’énergie arrive, moins repart. Le bilan reste positif, mais moins que par ciel bleu. Il fait moins chaud, mais l’atmosphère peut être lourde en été.
- de nuit : par ciel clair, le sol continue de rayonner alors que le ciel n’apporte presque rien : le bilan est négatif, le sol se refroidit. Le type de surface (neige, herbe, roche…) influence cette perte. Par ciel couvert, les nuages agissent comme une "couette", renvoyant une partie du rayonnement terrestre, ce qui freine la baisse de température.
En moyenne, le bilan énergétique terrestre est largement positif, surtout dans les régions équatoriales à tempérées. Il dépend aussi de la nature du sol : les surfaces sombres ou rocheuses chauffent plus que l’eau ou la neige.
Quand un objet est éclairé par le Soleil, son énergie augmente car les ondes excitent les molécules, provoquant une agitation interne, source de chaleur. La température mesure ce niveau d’agitation. À -273,15°C (zéro absolu), toute agitation cesse. On mesure la température de l’air avec un thermomètre, du plus classique au plus moderne.

inversion

Inertie thermique saisonnière
La température fluctue au fil des jours selon la hauteur du Soleil. Pourtant, s’il est au plus bas vers le 21 décembre, la température moyenne quotidienne n’atteint ses plus faibles valeurs que dans les 10 derniers jours de janvier.
De même, il est au plus haut vers le 21 juin, mais, les plus fortes températures moyennes de l’année sont relevées dans les 10 derniers jours de juillet (Sirius – étoile encore appelée Canicula – se lève et se couche en même temps que le Soleil dans notre ciel entre le 24 juillet et le 24 août, d’où l’expression de "canicule").
Ce décalage s’explique par l’inertie thermique de l’atmosphère, des sols, mais surtout des mers. L’influence maritime est d’ailleurs, partout, un puissant facteur de modération des excès : elle tempère le climat des côtes par sa température mais aussi par l’humidité qu’elle répand à sa proche périphérie).

conversion

Les unités de températures
L’unité officielle de température est le degré Kelvin (°K) auquel se rattache le degré Celsius (°C). Les Américains utilisent toujours le degré Fahrenheit (°F).

Outil de conversion
Mettre la température à convertir dans l'une des cases.


TEMPERATURE au SOL

La température du sol varie fortement selon la nature de sa surface. Le sol capte l’énergie solaire et en réémet une partie ; ce bilan thermique détermine sa température. Les océans, grâce à leur capacité à répartir la chaleur dans un grand volume, jouent un rôle clé de régulateur thermique. La végétation, elle, stocke une part de l’énergie pour sa croissance et représente une source d’énergie renouvelable, la biomasse.
Le comportement thermique dépend aussi des propriétés du sol : un sol isolant (comme le sable sec) chauffe plus en surface, tandis qu’un sol conducteur (terre humide) répartit la chaleur plus profondément, limitant la hausse de température. La nuit, la perte de chaleur se poursuit, freinée par la couverture nuageuse et influencée par la nature du sol.
L’humidité agit comme un régulateur : elle freine la montée en température le jour (à cause de l'évaporation) et ralentit le refroidissement la nuit, surtout si une phase de congélation intervient autour de 0 °C, en libérant de la chaleur.

TEMPERATURE en ALTITUDE

Pluviométrie 1976

La température de l’air diminue en moyenne de 0,6°C tous les 100m (6°C/km) jusqu’à environ 12km d’altitude, atteignant près de -60°C.
Au-delà, elle se stabilise puis remonte progressivement jusqu’à 0°C vers 50 km. Cette première couche, où la température décroît, s'appelle la troposphère. Elle contient 90% de la masse atmosphérique et concentre presque tous les phénomènes météorologiques. Son épaisseur varie de 8km aux pôles à 16km à l’équateur.
La limite supérieure, où la température cesse de baisser, est appelée tropopause, au-dessus de laquelle commence la stratosphère.
Dans la troposphère, l’air sec se refroidit de 1°C/100m, contre 0,5°C/100m quand il est saturé en vapeur d’eau, en raison de la chaleur dégagée par la condensation. Les mouvements convectifs y sont plus intenses en zones chaudes, d’où une troposphère plus épaisse sous les tropiques.
Malgré une apparente homogénéité, elle se compose de couches superposées, différentes par leur température, humidité et stabilité, un peu comme un mille-feuilles.

TEMPERATURE de SURFACE NEIGE

La neige, très réfléchissante, absorbe peu de chaleur en journée, surtout si elle est fraîche et blanche. Elle rayonne cependant beaucoup, ce qui rend son bilan thermique souvent négatif. Ainsi, même par temps ensoleillé et doux, elle peut rester poudreuse tant que la température reste sous 0°C.
La nuit, par ciel clair, la neige rayonne intensément. Comme elle est isolante, seul son mince manteau de surface se refroidit fortement, pouvant atteindre 10 à 15°C de moins que l’air ambiant. Sa structure (peu de contacts entre cristaux, beaucoup d’air) accentue ce phénomène.
Le manteau neigeux est un sol très particulier, avec un comportement thermique très contrasté entre jour et nuit. Sa sensibilité entraîne des conséquences variées : regel rapide des routes, évolution des risques d’avalanche, ou transformation soudaine de la glisse sur une piste de ski lors d’une éclaircie.
Le vent et la pluie influencent aussi fortement la température du sol : le vent disperse la chaleur, accélère l’évaporation et modifie la température en apportant ou retirant des calories. La pluie, souvent plus froide, rafraîchit sol et air, tout en augmentant le potentiel d’évaporation après son passage.

TEMPERATURE du POINT de ROSEE

Dès la tombée de la nuit par ciel dégagé, les prairies deviennent humides : c’est la rosée. Elle se forme lorsque la vapeur d’eau contenue dans l’air se condense sur les surfaces les plus froides (herbe, carrosseries, etc.). L’herbe, mince et isolante, se refroidit vite ; les carrosseries, très conductrices, rayonnent et perdent rapidement leur chaleur.
Cette condensation apparaît quand l’air atteint son point de rosée, température à laquelle l’humidité se transforme en eau liquide. En journée, ce point varie beaucoup, mais le soir, avec le refroidissement du sol, la vapeur retombe et initie la formation de rosée, voire de brume ou brouillard, surtout dans les zones humides ou encaissées.
Ces brouillards, parfois d’à peine quelques mètres d’épaisseur, peuvent être très dangereux sur la route. En hiver, ils peuvent donner lieu à du givre ou à des plaques de verglas, localisées et soudaines. C’est pourquoi les véhicules alertent dès +3 °C, car par temps clair et calme, le sol est souvent plus froid que l’air ambiant.


Calcul de la température du point de rosée ou de l'humidité relative :

A l'aide de la matrice de calcul, renseignez :
- la température de l'air et la pression
- puis l'humidité -> puis clic sur "calculer" pour avoir les autres paramètres dont le point de rosée
- ou la température du point de rosée -> puis clic sur calculer pour avoir les autres paramètres dont l'humidité (source: Cactus2000)

L'HUMIDITE RELATIVE

L’humidité relative de l’air, exprimée en %, est calculée à partir de la température et du point de rosée. Elle correspond au rapport entre la quantité de vapeur d’eau réellement présente dans un m³ d’air et la quantité maximale qu’il peut contenir à cette température. À saturation, l’humidité est de 100%, et tout excès de vapeur se condense (en eau ou glace).
Cette humidité varie au cours de la journée : souvent 80–90% au petit matin, autour de 40–50 % l’après-midi par beau temps. L’hiver, elle peut tomber à 25–30% sur les versants enneigés. L’été, en période orageuse, elle remonte à 60 % ou plus, ce qui rend l’air lourd et inconfortable.
Une méthode simple pour estimer l’humidité est de comparer la température de l’air au point de rosée : un écart faible (2–4°C) indique un air humide et un possible brouillard nocturne protecteur. Un écart plus grand (10°C ou plus) indique un air sec, favorable aux gelées. Dans le brouillard, cet écart est nul.
Même si la mesure du point de rosée n’est pas courante, des sites météo le fournissent aujourd’hui en temps réel, permettant une estimation assez précise, surtout en plaine. En montagne, cela reste plus complexe, nécessitant des données locales ou des profils issus de radiosondages.


Mesure de l'humidité

hygro

Auparavant dans les abris météo, la mesure de l'humidité relative se faisait grâce au psychromètre, constitué de deux thermomètres :
- le "thermomètre sec" qui mesure la température de l'air.
- le "thermomètre mouillé"», est maintenu mouillé par une mousseline imbibée d'eau en permanence.
L'évaporation de l'eau refroidit le thermomètre mouillé.
Plus l'air est sec, plus l'évaporation de l'eau est importante, plus la température du thermomètre mouillé diminue et plus l'écart entre les deux thermomètres est important.
Lorsque les 2 températures sont identiques, l'humidité relative = 100%
Une table de correspondance permettait ensuite de connaître la valeur de l'humidité relative avec ces 2 températures.

hygro1

L'hygrographe à cheveux mesure l'humidité relative de l'air et la retranscrit sur un papier gradué.
Cet instrument utilise la propriété du cheveu humain qui s'allonge quand il s'humidifie et se raccourcit quand il sèche.
Les cheveux roux et blonds, fins sont ceux qui réagissent le mieux aux variations d'humidité.

TEMPERATURES RESSENTIES

La "température RESSENTIE" dépasse la simple mesure physique pour intégrer la perception humaine, essentielle en conditions réelles.

Le WINDCHILL combine température et vent, traduisant l’effet refroidissant du vent sur la peau nue. Celui-ci accélère la perte de chaleur et l’évaporation de la sueur, ce qui peut être agréable par forte chaleur, mais dangereux par temps froid.
On s’en protège grâce à des vêtements isolants (laine, synthétiques) qui emprisonnent l’air, et surtout avec des coupe-vents imperméables, car un vêtement traversé par le vent perd toute efficacité. Les vêtements modernes allient protection contre les éléments et gestion de l’humidité corporelle, notamment lors d’efforts physiques.
Créé par les Canadiens, le windchill a été récemment ajusté, jugé parfois peu pertinent, notamment lors des grands froids de 1999. Pendant que l’Europe faisait face aux tempêtes Lothar et Martin, ces événements simultanés ont illustré une "téléconnexion" : manifestations lointaines mais liées d’un même dérèglement climatique.


windchill

Le tableau de correspondance à double entrée ci-contre (vitesse du vent en km/h et température en °C) des services météo canadien et américain pour déterminer le windchill.
La couleur des plages indique en combien de temps des gelures apparaissent sur la peau nue exposée.
Exemples : un vent moyen de 80 km/h par -15 °C sous abri donne l’effet équivalent à une température de -31 °C par temps calme et il peut provoquer des gelures en 10 à 30’ (ces conditions se rencontrent assez fréquemment en régime perturbé d’été, à l’approche du sommet du Mont-Blanc) ; constat plus inattendu : la peau non protégée peut geler par température... positive avec des vents seulement assez forts !)

L’HUMIDEX est l’indice de température ressentie en été, prenant en compte la température et l’humidité, car cette dernière influence fortement notre perception de la chaleur.
Par temps sec, la sueur s’évapore bien, rafraîchissant efficacement le corps (on le ressent en frissonnant après une baignade, même s’il fait 30 °C). En revanche, lorsque l’humidité dépasse 55-60 %, l’évaporation ralentit : la peau devient moite, les vêtements collent, et l’inconfort s’installe, d’autant plus qu’en général, l’air est immobile (absence de vent).
Dans les climats tropicaux, même avec des températures modérées, la forte humidité rend la chaleur étouffante. En climat tempéré, ce phénomène se manifeste surtout lors des épisodes orageux estivaux.


humidex

Tableau à double entrée ci-contre (humidité relative en % et température en °C) d’évaluation de l’humidex.
Exemple : une température de 28 °C par une humidité relative de 60 % est ressentie comme une température de 35°C. La légende indique "un certain inconfort", conditions rencontrées fréquemment lors des épisodes orageux estivaux ("temps lourd")

Windchill et Humidex se présentent sous forme de chiffres comparables à des températures mais ils n’en sont pas, donc ils ne doivent pas être suivies du °C. Les formules de calcul ont été "arrangées" pour qu’il en soit ainsi.
Certains contestent cette méthode qui prétend mettre en équation un ressenti humain éminemment subjectif, pour des raisons médiatiques, disent-ils...
Sur le plan scientifique strict, ils ont sans doute raison, mais l’essentiel n’est-il pas de trouver une échelle de correspondance, dans laquelle tout le monde peut se situer après usage, un langage commun et efficace entre scientifiques et profanes ?

La PRESSION ATMOSPHERIQUE

Températures février 1956

Tous les corps s’attirent entre eux : c’est la gravitation. Elle explique pourquoi la Lune tourne autour de la Terre. C’est aussi grâce à elle que l’atmosphère est retenue autour de notre planète. La Lune, plus légère, n’a pas pu garder d’enveloppe gazeuse.
Les molécules d’air, attirées vers la Terre, ne tombent pas toutes au sol : elles forment des couches superposées, un peu comme dans un liquide. Mais contrairement à un liquide, l’air est compressible : les couches supérieures appuient sur celles du dessous, les rendant plus denses. Ainsi, l’air est plus serré près du sol et de moins en moins dense avec l’altitude.
Si l’on imagine une colonne d’air, son poids exerce une pression sur la surface terrestre : c’est la pression atmosphérique. En montant dans cette colonne, on observe que la pression diminue, car il y a moins d’air au-dessus. Mais cette baisse devient de plus en plus faible avec l’altitude : près du sol, l’air est très dense, donc une petite montée fait beaucoup baisser la pression ; plus haut, les molécules sont plus espacées, donc leur poids et leur effet sur la pression diminuent.

Températures février 1956

En 1664, l'italien Torricelli a l'idée de mettre du mercure dans un tube et de le retourner dans une cuvette en bouchant son extrémité. Il observe que le mercure ne s'écoule pas dans la cuvete mais qu'il reste toujours à une hauteur d'environ 760 mm.
La pression d'air sur la cuvette empêche le tube de se vider. (Lorsque la pression de l'air baisse, la colonne de mercure descend et inversement).
Il conçut ainsi le premier baromètre, dont le principe a été longtemps utilisé par les anciens météorologues pour mesurer la pression ; d'où l'unité utilisée, le millimètre de mercure (mm Hg) ou le centimètre de mercure.
En 1844, le français Lucien Vidie inventa le baromètre anéroïde. Une capsule métallique, vidée partiellement de son air, se détend ou s'écrase sous l'effet des évolutions de la pression atmosphérique. Ces déformations sont transmises à une aiguille qui tourne autour d'un axe central et qui indique la pression de l'air sur un cadran gradué.

conversion

Les unités de pression
L’unité internationale de pression est le pascal : 1 Pa = 1 N/m2 =0,01 mbar. En météo, on utilise le hectopascal (1hPa = 100 Pa).

Conversion de pression
Mettre la pression à convertir dans l'une des cases.




L'ALTIMETRE

La pression atmosphérique se mesure avec un baromètre, aujourd’hui souvent numérique. Comme pression et altitude sont liées, ces appareils peuvent indiquer directement l'altitude : on parle alors d'altimètre. Grâce à la miniaturisation, ils sont intégrés dans des montres, très utiles pour les alpinistes ou parapentistes.
Deux précautions sont nécessaires :
Caler l'altimètre au départ, en entrant l’altitude réelle pour une mesure fiable.
Corriger les valeurs en fonction de la température moyenne de la couche d’air traversée : l’air chaud est moins dense que l’air froid, ce qui influence la perte de pression avec l’altitude.
Un altimètre, réglé par défaut sur l’"atmosphère standard", peut donner des erreurs d’altitude jusqu’à 5 % selon les conditions.
→ En air froid, on perd plus vite de la pression : on croit être plus haut qu’on ne l’est.
→ En air chaud, la pression baisse moins vite : on croit être plus bas.
Des formules permettent de corriger l’altitude lue, à condition de connaître la température au départ et à l’arrivée. Mais pour de petits dénivelés, ces ajustements sont rarement nécessaires.
À altitude constante (comme au bivouac), si la pression change, c’est dû à la météo : l'altimètre sert alors de baromètre. Pas besoin d’installation spéciale : la pression est la même dedans et dehors (hors lieux pressurisés).
Les anciens baromètres à mercure ou à cadran indiquaient même le temps (beau, variable, pluie...), mais ces interprétations peuvent être trompeuses. Par exemple, un "très sec" en hiver peut annoncer… du brouillard !
Aujourd’hui, les GPS offrent une localisation bien plus précise, y compris en altitude (jusqu’à 1 m près), en utilisant des signaux envoyés par une constellation de satellites. Le système européen Galileo, encore plus précis, pourra bientôt atteindre une précision d’environ 20 cm grâce à ses satellites de dernière génération.

C’est la tendance qu’il faut préférer
Ce n’est pas la pression à un instant donné qui est la plus significative, mais son évolution dans le temps.
Une hausse progressive sur plusieurs heures annonce souvent une amélioration du temps. Une baisse régulière signale généralement l’arrivée d’une perturbation.
Des variations soudaines (chute ou pic rapide) peuvent accompagner des phénomènes violents, comme les orages : baisse marquée avant, petite hausse à leur passage.
À noter : Certaines perturbations très actives peuvent survenir avec une pression élevée (parfois au-dessus de 1025 hPa). Inversement, en hiver surtout, on peut avoir du beau temps durable même avec une pression faible bien que cela reste peu fréquent.


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Mesurer la pression
La pression atmosphérique varie d’un endroit à l’autre, notamment à cause de l’altitude. Pour comparer les mesures entre différents points, on les ramène au niveau de la mer grâce à une formule. Cela permet d’obtenir des données homogènes et comparables.
Ces valeurs, une fois collectées, sont représentées sur des cartes météorologiques à l’aide de lignes d’égal pression, appelées isobares. Sur des cartes à grande échelle (comme l’Europe), on peut repérer différentes structures caractéristiques :
- Anticyclones (pression élevée), notés A ou H
- Dépressions (pression basse), notées D ou L
- Dorsales : crêtes de haute pression
- Talwegs : vallées de basse pression
- Cols : zones de transition entre deux systèmes
- Marais barométriques : zones mal organisées, avec peu de différence de pression
Tous ces termes s’inspirent du vocabulaire du relief, car la carte de pression forme un paysage de "hauts" et de "bas" météorologiques.

En France, la pression a fluctué depuis le début des mesures continues (autour de 150 ans) entre 1049,7 hPa, le 20 février 2020, à Abbeville, et 947,1 hPa, le 25 décembre 1921, à Boulogne-sur-Mer.
Dans le monde, les records actuels (en-dessous de 300m) appartiennent à Agata (Russie) avec 1083,8 hPa, le 31 décembre 1968, et au typhon Tip, au large des Philippines, le 12 octobre 1979 avec 870 hPa.

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Atmosphère standard
Pour des raisons pratiques, surtout aéronautiques, un modèle d’atmosphère a été fixé par les conventions internationales de l’OMM et de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale).
- au niveau mer, la température standard est T = +15°C
- la pression atmosphérique standard est Patm = 1013,25 hPa
- le gradient vertical température est de -6,5°C tous les 1000 m.
La réalité s’écarte bien sûr plus ou moins, à chaque instant autrement, de cette fiction très commode pour la navigation aérienne et la cartographie météo.
Selon cette répartition normalisée, la pression "standard" au sommet du Mont Blanc est voisine de… 555 hPa !