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Régime d’Ouest

Pluviométrie 1976 Rapport pluie 1976
18 janvier 2007 à 12h UTC : Régime d'ouest frappant l'Europe occidentale.
Les isobares sont serrées, résultat de la juxtaposition d'un solide anticyclone, centré près du Maroc, et d'un vaste domaine dépressionnaire sur le nord de l'Océan et de l'Europe. Système nuageux étendu véhiculé par ce puissant flux océanique.
Les nuages les plus blancs (France, Allemagne...) sont les plus épais, ceux qui donnent des précipitations soutenues. Les flèches rouges indiquent la direction du vent doux vers 5000 m.

Impact sur le pays
Notre climat, situé entre équateur et pôle, dépend du jeu entre l’anticyclone des Açores et la dépression d’Islande. Ces centres d’action varient en intensité avec les saisons : l’été, l’anticyclone gonfle et repousse les perturbations vers le nord ; l’hiver, la dépression se renforce, générant vents et tempêtes.
Le "lit perturbé" se décale selon la saison : en hiver il longe la Manche, apportant douceur et pluies fréquentes, en été il remonte vers l’Écosse, épargnant nos régions. Le relief amplifie fortement ces perturbations, provoquant des précipitations abondantes en montagne.
Parfois, des flux d’ouest rapides en hiver entraînent de fortes chutes de neige, suivies de redoux pluvieux transformant brutalement le manteau neigeux et augmentant le risque d’avalanches. Mais ces régimes alternent aussi avec des phases anticycloniques stables et douces, même après des tempêtes.
Enfin, les successions rapides de perturbations en hiver tassent et stabilisent la neige, limitant les avalanches malgré les cumuls. Souvent, l’épisode se conclut par une invasion froide de nord-ouest, rappelant que les échanges d’énergie entre Sud et Nord finissent toujours par se rétablir.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : La partie active des perturbations affecte plutôt le Nord de la Loire. L’agglomération de Grenoble est soumise à des conditions de "marge" avec des nuages d’altitude (vers 3.000 m) ménageant de belles éclaircies par moment. Assez bonne visibilité.
Peu de vent (résistance de l’air froid interne aux Alpes), sauf au passage d’éventuels fronts froids susceptibles de s’accompagner de coups de vents de NW brusques et temporairement assez forts, notamment dans la cluse de Voreppe et à son débouché.
Remarque : Cette situation peut devenir particulièrement active sur la région quand un puissant redoux succède à une "coulée" froide (thalweg). Elle s’accompagne alors de fortes précipitations avec une remontée de la neige de la plaine jusque vers 2000 m, voire 2500 m. Fréquence moyenne estimée : 1 à 2 fois sur la période automne/hiver.

Eté : Beau temps en général malgré des passages nuageux à haute altitude. Température modérément chaude. Bonne visibilité. Régime de brise thermique : peu de vent la nuit dans la cluse de Voreppe, de direction SE ; flux de NW modéré en journée. Coups de vents de NW au passage d’éventuels fronts froids, surtout s’ils sont accompagnés d’orages donc de rafales.

Régime de Nord-Ouest

Pluviométrie 1976 Rapport pluie 1976
13 février 2005 à 12h UTC : Situation à giboulées.
Un front froid secondaire traverse le Bassin parisien, en provenance du nord-ouest.
L'invasion polaire est déjà bien installée, le front froid principal s'enroule autour de la dépression centrée sur la Baltique ; on peut, mentalement, le prolonger pour qu'il rejoigne le front chaud du Nord Atlantique délimitant une vaste poche froide.
Multiples cellules convectives (cumulus) au large des côtes atlantiques.
La flèche bleue souligne la direction du flux froid vers 5000m.

Impact sur le pays
Le temps des giboulées marque le début du printemps, quand les dernières descentes d’air polaire atteignent nos régions. Lorsqu’une dorsale de l’anticyclone des Açores dévie le flux vers le nord-ouest, les perturbations arrivent occluses, mais l’essentiel réside dans la traîne froide, vive et instable.
L’intensité de ces traînes dépend de l’épaisseur de l’air froid et de la force du vent. Le relief accentue leur activité : Pyrénées, Vosges, Jura et Alpes du Nord reçoivent de fortes précipitations, tandis que les Alpes du Sud sont souvent épargnées. La Corse, exposée aux masses froides réhumidifiées par la mer, connaît alors un temps très rude.
Ces épisodes apportent neige poudreuse et instable, dangereuse en avalanche lorsque les cumuls dépassent 50 cm, le froid retardant ensuite la stabilisation. Même en été, il faut attendre que la montagne soit "purgée" pour circuler en sécurité.
L’hiver, souvent calme entre mi-janvier et mi-février sous influence anticyclonique, cède ensuite la place aux régimes de nord-ouest : alternance de giboulées et de belles périodes, parfois suivies d’orages dès mars, période la plus instable de l’année. Le printemps reste marqué par une grande variabilité, gelées tardives et dictons en témoignent, tandis qu’en montagne la nébulosité de l’après-midi est fréquente.
Enfin, même l’été n’est pas à l’abri : des coulées polaires exceptionnelles peuvent amener la neige très bas, comme en 1969 où elle est tombée jusqu’à 1500 m en juillet et à 1800 m en plein 15 août.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : Médiocre. Nuages abondants, surtout dans les basses couches. Averses intermittentes, surtout en journée (giboulées de neige jusqu’en plaine).
Températures très fraîches. Vent assez fort à fort de NW dans la cluse de Voreppe et sur l’agglomération. Renforcements brusques et parfois intenses (dégâts possibles aux branches d’arbres, à certaines infrastructures : cheminées, antennes, pancartes...).
Ce type de temps peut durer plusieurs jours consécutifs.

Eté : Mauvais temps. Anormalement frais. Averses très fréquentes, parfois orageuses (neige vers 1800m).
Fort vent de NW dans la cluse de Voreppe et sur l’agglomération. Rafales pouvant être très fortes au passage de grains orageux.
Ne dure, en principe, pas plus de 2 à 3 jours en plein été (surtout depuis le début des années 1980).

Régime de Sud-Ouest

Pluviométrie 1976 Rapport pluie 1976
11 janvier 2008 à 12h UTC
Très longue ondulation d'un front froid du Portugal à la Scandinavie, ourlée d'abondants nuages pluvieux.
A l'approche de la vaste poche froide qui a plongé jusqu'au niveau des Açores, le flux, tant au sol qu'en altitude (flèche rouge), s'est organisé au sud-ouest, déclenchant le Foehn sur les Pyrénées et les Alpes.

Impact sur le pays
Ce régime perturbé de sud-ouest, l’un des trois principaux, est complexe et imprévisible. Il résulte de la remontée d’air chaud et humide venu du Sahara, de l’Atlantique ou de la péninsule Ibérique, interagissant avec des descentes froides creusant des talwegs sur l’Atlantique. Ceux-ci progressent lentement vers l’est, ralentis et renforcés au passage de la vallée du Rhône, où la Méditerranée alimente leur activité. Le flux d’altitude rapide de sud-ouest transporte alors chaleur et humidité sur de vastes zones.
En automne, ce régime est typique des épisodes cévenols : pluies diluviennes et orageuses frappant les reliefs méditerranéens (Cévennes, Ardèche, Maures, Estérel), avec propagation vers les Alpes du Sud, Préalpes, Jura et Vosges. L’approche de ces fronts alignés dans des flux de sud-ouest vigoureux déclenche systématiquement le Foehn, excepté en été où il se fait plus discret et moins fréquent..
En hiver, ces flux peuvent provoquer de violents redoux : pluies abondantes côté français jusqu’à 2000–2500 m, tandis que de fortes chutes de neige touchent les versants italiens (Val d’Aoste). Les cols exposés, comme celui de la Seigne, concentrent alors d’énormes accumulations.
Autre singularité : les remontées de sable saharien, fréquentes en 2022 avec plus de dix épisodes. Transportées par les vents d’altitude, elles ont coloré le ciel, sali sols et voitures, et surtout fragilisé le manteau neigeux. A leur passage, le ciel bleu vire au gris métallique, prend des teintes jaune orangé au coucher du soleil. En absorbant le rayonnement solaire, le sable accélère la fonte et favorise le déclenchement d’avalanches.
Ce régime, très arrosé et énergique, a donc un impact fort sur les reliefs et jusqu’aux plaines, avec des conséquences marquées sur l’agglomération grenobloise.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : Conditions plutôt bonnes dans l’ensemble. Températures très douces. L’approche de fronts froids lents à partir de l’Océan provoque des séquences de Foehn plus ou moins fortes et durables.
Cette situation, dont les effets peuvent aller du très beau temps à des conditions très dégradées au passage des fronts froids, et qui pose régulièrement des problèmes de chronologie au prévisionniste, peut favoriser des épisodes de pollution intense. C’est le cas lorsque l’air froid prisonnier de la cuvette est progressivement « raboté" par le flux de SW qui franchit le Vercors. Son amincissement provoque alors une concentration accrue des polluants dans une couche froide de quelques dizaines de mètres seulement.
Vent calme loin devant les fronts, devenant plus chaotique à leur approche (on peut avoir aussi bien du NW que du SE turbulent dans la cluse de Voreppe et à son débouché sur Grenoble).

Eté : Temps très chaud et lourd. Instable. Des périodes de franc beau temps sont suivies de dégradations nuageuses pouvant conduire, surtout l’après-midi et le soir, à des passages orageux de forte intensité. Coups de vents d’orages.
le Foehn est rare en plein été. Quand il se produit, il se manifeste par des pointes de chaleur caniculaires (supérieures à 35°C).
Chronologie précise des événements difficile à prévoir au-delà de la demi-journée.
La "cuvette" est connue pour son aptitude à conserver la chaleur (mais ça dépend des communes, certaines bénéficiant bien plus que d'autres des brises diurnes et nocturnes apaisantes). Le sable en altitude ne fait qu'alourdir l'ambiance.

Régime de Nord

Pluviométrie 1976 Rapport pluie 1976
11 janvier 2008 à 12h UTC
L'anticyclone des Açores, très puissant, se prolonge par une dorsale en direction de la Mer de Norvège.
Il lui répond une dépression sur le Golfe de Gênes, autour de laquelle s'enroule d'épaisses masses nuageuses.
Vigoureuse descente polaire au sol (isobares serrées) comme en altitude (flèche bleue du flux vers 5000 m) : Bise, Mistral et Tramontane

Impact sur le pays
Rien de bien spécial à ajouter par rapport aux régimes de nord-ouest, sinon qu’ils mettent notre pays en prise directe avec le pôle et qu’ainsi les masses d’air sont plus rudes, moins riches en vapeur, n’ayant survolé que des eaux froides. Pas de grosses précipitations à attendre en général de ces vents, pas plus que d’orages. Soit des ciels bas de stratus en plein hiver, ou des giboulées fréquentes mais sans grande consistance, un peu plus tard, des stratocumulus en été. Régimes assez peu fréquents, ne durant pas, évoluant vers du nord-est et de la bise. En altitude, on peut avoir des vents plein nord, très forts et très froids (jet-stream), quand une descente polaire vigoureuse s’affronte à un anticyclone des Açores musclé. Cela peut durer 2 ou 3 jours, ce qui bloque toute progression de l’air océanique et de ses perturbations venant buter contre le bouclier froid, où le ciel est alors dégagé à cause de la relative sécheresse des masses d’air polaires qui s’engouffrent et de la turbulence qui brasse l'atmosphère jusqu’en surface, dispersant toute velléité d’inversion et de nuages bas. La bise souffle.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : Froid à très froid. Inversion vers 1000 à 1500m, sous laquelle s’accumule une couche compacte de Stratocumulus. La couverture nuageuse peut persister plusieurs jours limitant l’amplitude diurne des températures (gelées nocturnes très atténuées).
Pas ou très peu de précipitations (bruine ou flocons de neige selon l’intensité du froid).
Si cette situation persiste, elle peut évoluer vers un temps sec, un ciel dégagé, un froid plus vif. La bise souffle assez fortement en journée en début de période puis faiblit de jour en jour.

Eté : Frais. Episode de Stratocumulus très fréquent en début de période. Les nuages deviennent moins présents au fil des jours, si la dorsale vient recouvrir les Alpes.
Pas ou très peu de précipitations. La visibilité reste brumeuse (pollution naturelle et artificielle restant piégée sous l’inversion).
Bise pouvant être assez forte en journée, quand cette situation s’établit (elle se calme la nuit). Elle se maintient assez souvent plusieurs jours en faiblissant peu à peu.

Régime de d'Est et de Nord-Est

NE NE
12 décembre 2007 à 12h UTC
Anticyclone très étiré, du Portugal à la Finlande, fermant la porte aux perturbations atlantiques.
Un flux de nord-est coule depuis la Russie jusque vers la Méditerranée, peu intense ici. Il véhicule des nuages bas (couleur grisâtre) sur la majeure partie de l'Europe.
Les Alpes enneigées émergent des grisailles ; les Pyrénées, blanchies aussi, sont en ciel clair.
La flèche bleue montre que le flux de nord-est froid est également établi vers 5000 m.

Impact sur le pays
Ce type de situation, assez rare, apparaît lorsqu’un anticyclone s’installe sur le nord de l’Europe et se relie parfois à celui de Russie ou de Sibérie. Alors, le froid s’abat brutalement : les températures peuvent chuter de 20 °C en deux jours, comme en janvier 1956. Une fois installé, ce froid dure, car l’anticyclone forme un véritable bouclier contre les redoux océaniques et s’auto-entretient par rayonnement nocturne. Avec la neige au sol, même fine, les nuits claires favorisent de très fortes gelées, souvent comprises entre -15 et -20 °C en plaine, à l’exception relative des côtes.
L'hiver, ces régimes entretiennent la bise, glaciale au départ, puis renforcée par de nouveaux afflux d’air froid tous les 5 à 7 jours. Dans un premier temps, elle apporte nuages bas et petites chutes de neige. Le froid intense limite les précipitations, sauf là où l’air trouve de l’humidité (mer, lacs, usines…), générant localement des chutes plus marquées. Quand le flux d’est persiste, le ciel s’éclaircit mais le gel devient plus sévère.
Le cas le plus piégeux survient lorsqu’une "goutte froide" d’altitude s’infiltre dans ce flux. Peu visible au-dessus des plaines sèches, elle devient explosive si elle atteint la Méditerranée : l’air humide qu’elle aspire se mêle au froid et provoque des chutes de neige exceptionnelles, parfois plus d’un mètre, comme en février 1956 ou en décembre 1970. Ces épisodes ont causé des dégâts aux infrastructures et paralysé des régions entières. Même au printemps, comme en avril 1975, une telle configuration a provoqué de fortes chutes de neige jusque sur la Côte d’Azur.
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Les vallées alpines sont aussi touchées : en hiver et au printemps, elles retiennent souvent des nappes de stratus ou stratocumulus, drainées depuis les plaines d’Europe et bloquées contre l’arc alpin, notamment dans la vallée du Rhône. Ces nuages persistent parfois longtemps, alors que le reste du pays retrouve un ciel dégagé.

En été, le nord-est garde une certaine fraîcheur et entretient une inversion entre 1500 et 2000 m, sous laquelle stagnent poussières et pollens. Ces situations peuvent durer, privant les plaines de ciel bleu, mais offrent des conditions stables et agréables en altitude. Lorsque l’anticyclone se décale vers la Scandinavie, il laisse passer des instabilités venues du nord qui apportent orages localisés dans les massifs de l’Est. Ceux-ci restent toutefois modérés et disparaissent le soir, mais génèrent une nébulosité gênante en journée.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise

Hiver :
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Grenoble se trouve au fond d'un cul-de-sac, au bout sud du Grésivaudan. Ainsi les nuages bas, sous l'inversion - stratus, stratocumulus - qui proviennent de loin, très au nord, sont en partie bloqués à ce niveau, cerné de reliefs importants. Mais s'ils sont assez denses et hauts (sommet de la "mer de nuage" vers 1500/2000 m, ce qui n'est pas rare), ils poursuivent jusque dans le bassin du Trièves.
Au-delà du col de Lus-la-Croix-Haute, c'est le Midi, son ciel pur et son soleil. Tant que dure le vent de NE, même faible, l'approvisionnement en humidité se poursuit.

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Un ciel gris, triste, une ambiance maussade et très fraîche peut ainsi durer une semaine, voire davantage. Au même moment, le beau temps a pu gagner jusqu'au pied ouest des Préalpes. La mer de nuage se disloque très vite quand le vent à moyenne altitude (vers 1500 m) tourne au sud, par décalage de l'anticyclone. Cette persistance durable de la "couverture nuageuse" (bien nommée...) s'accompagne d'un effet bénéfique pour le secteur : l'amplitude de température est fort réduite, ainsi les nuits ne sont guère plus froides que les jours.
Paradoxe apparent, la température moyenne des mois d'hivers est ici plus basse que celle des plaines "continentales" du Centre de la France (Vichy, Nevers...), mais les pointes de froid (minimales) y sont nettement moins accusées en général, car le rayonnement nocturne est inexistant sous les nuages.

Eté : Possibilité d'orages diurne sur le relief quand des infiltrations froides de plus de 5000 m d'épaisseur circulent dans le courant Nord-Est à Est d'altitude (en fin de journée essentiellement, par convection thermique).
Comme en hiver, mais atténué, ce type de temps favorise les inversions, au printemps, en automne, moins en été, mais possibles cependant. De l'air relativement frais, d'origine polaire, se glisse sous l'air chaud des anticyclones continentaux. Il bloque les ascendances thermiques, entretenant, plusieurs jours durant, une brume tenace faite surtout d'aérosols (poussières, pollens...).
Il faut monter en altitude pour profiter du ciel bleu lumineux, la vallée baignant dans une ambiance laiteuse, plutôt désagréable, notamment si la chaleur s'y ajoute.

Régime de Sud-Est

Pluviométrie 1976 Rapport pluie 1976
3 janvier 2008 à 12h UTC
48 heures de chutes de neige exceptionnelles sur le Nord de l’Italie avec cette configuration. Solide anticyclone sur l'est de l'Europe.
Dépression bien constituée au large immédiat de la Bretagne. Poche froide sur Péninsule ibérique et son Océan proche (structure en "nid d'abeille" de la traîne très chargée en cumulus).
Elle provoque un flux de sud-est devant elle, de la Méditerranée à l'Italie, France, Bénélux...Des perturbations s'empilent sur l'Italie.
Le flux doux (flèche rouge du vent vers 5000 m), très humide, survole la Plaine du Pô où l'air froid de basse couche était piégé.

Impact sur le pays
La Lombarde illustre bien l’influence du relief nord-italien sur le climat. En hiver, le bassin du Pô, fermé aux vents de basse couche, conserve longtemps un air froid accumulé par rayonnement, descentes des versants alpins ou arrivées continentales par les Balkans. Quand des perturbations méditerranéennes actives abordent la région par le sud-est, elles amènent nuages et redoux en altitude, mais l’air froid reste bloqué au sol. Ce contraste favorise alors d’importantes chutes de neige, souvent plus durables que celles liées aux perturbations océaniques.
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Côté français, lors des épisodes de Lombarde (quelques fois par hiver), les nuages franchissent certains cols et déversent des précipitations intenses. Dans les hautes vallées, où l’air froid reste plaqué, la neige descend très bas, avec des cumuls dépassant fréquemment 1 mètre en 24 à 48 h. Les secteurs concernés sont notamment le haut Val Montjoie, Val-d’Isère, la Tarentaise, la Haute Maurienne, le Queyras, Montgenèvre ou encore le col de Tende. À l’inverse, la vallée de Chamonix, trop excentrée, reste au sec sous effet de foehn. La Lombarde est pilotée par une dépression située à l’est des Alpes ou sur le golfe de Gênes, souvent associée à une "goutte froide". En été, elle est très rare ; on la rencontre plutôt en automne, en hiver ou au début du printemps, parfois liée aux épisodes cévenols et à un déclenchement d’orages nombreux.


Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : Grenoble est trop loin de l'Italie pour être concernée par la Lombarde. Seuls des nuages accrochent les sommets. Un voile de cirrus signale l'air "chaud" en mouvement à très haute altitude.
Eté : Orages possibles si la dépression-moteur remonte de Méditerranée. Cas rare.

Régime de Sud

Pluviométrie 1976 Rapport pluie 1976
14 juillet 2003 à 12h UTC
Au coeur de la "canicule" de l'"été meurtrier".
Vaste champ anticyclonique caractéristique durable de la période ("anomalie"), sur l'Europe du Nord et de l'Est, sur l'Océan. Marais barométrique sur l'Espagne et la France, donc associé à des vents faibles, inorganisés, favorisant la surchauffe. La flèche rouge montre le vent chaud saharien vers 5000 m (transport de sable possible, quoique non perceptible sur l'image satellitaire)...
L'image satellite affiche une perturbation anémique aux larges des côtes atlantiques, un ciel dégagé sur l'Europe de l'Ouest

Impact sur le pays
Les régimes de sud ressemblent souvent à ceux de sud-ouest : variables, difficiles à prévoir, parfois très chauds et associés au foehn. Tout dépend de la position par rapport au lit perturbé qui sépare l’air froid de l’Ouest et l’air chaud de l’Est. Dans le lit même : orages marqués ; à l’Est immédiat : alternance rapide d’éclaircies et d’averses ; plus à l’Est : beau temps.
Quand le flux de sud se renforce et persiste, il peut véhiculer de l’air saharien très chaud et sec (sirocco), donnant des températures extrêmes en été. Bien que rare, ce régime peut installer un anticyclone solide sur l’Europe, prolongement de la dorsale subtropicale du Sahara.
Le foehn, phénomène orographique universel, apparaît lorsque l’air humide est forcé de franchir un relief : condensation et précipitations sur le versant exposé, puis assèchement et réchauffement par compression sur le versant abrité. On l’observe par exemple en Alsace, sèche et ensoleillée quand la Lorraine reçoit la pluie des flux d’ouest. Dans les Alpes, les régimes de sud sont particulièrement favorables au foehn, qui s’installe souvent plusieurs jours avec des variations jour/nuit.
Ses effets sont spectaculaires : ciel clair, vent chaud et sec, bruit continu, parfois des impacts sur le système nerveux (légendairement reconnus en Autriche). Mais il reste surtout l’ennemi du manteau neigeux : surnommé Schneefresser (“le mangeur de neige”), il le fait disparaître rapidement.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise

Hiver :
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Régime de Foehn. Deux cas :
- Soit "classique" : il tombe des précipitations en amont (sud des Alpes). Le flux franchit le Vercors et se rue sur l'agglomération en turbulences. La masse d'air a été essorée de son humidité, elle s'assèche vite et se réchauffe par compression (pression faible en altitude, plus grande dans la vallée). Il fait plutôt beau sur le bassin grenoblois, les nuages épars s'accrochant d'abord aux sommets. Lorsque le foehn se lève, les premières rafales secouent et dispersent la nappe froide tapie en fond de vallée.
La température monte d'un seul coup (de 5 °C à 10/15 °C en quelques minutes), l'humidité relative chute de 90% vers 25%. La progression de l'air chaud commence par le sud de l'agglomération (Vizille), s'étend peu à peu vers Grenoble, le nord de l'agglomération. Tout dépend de la puissance du vent en altitude. Il arrive que Grenoble soit soumis au Foehn durant plusieurs heures, donc au redoux, et le Versoud pas du tout.
Il arrive que Grenoble soit soumis au Foehn durant plusieurs heures, donc au redoux, et le Versoud pas du tout.
- Soit "faux-Foehn" : aucune précipitation sur le sud des Alpes. Pourtant le flux, qui a été contraint d'escalader les reliefs, plonge sur Grenoble pour retrouver son équilibre. Même processus de compression et même effet : échauffement, assèchement. Des maximales dépassant les 20°C se produisent parfois, au coeur-même de la saison froide.
Dans les deux cas, les régimes de Foehn peuvent durer plusieurs jours (3, 6, 9..., d'après les dictons, qui ne manquent pas de bon sens). La nuit l'étouffe en général, il se réveille avec le jour.
Autre singularité, apparemment paradoxale : la chaleur inhabituelle peut préparer la neige... jusqu'en plaine.
Par régime de Sud, la limite air chaud/air froid (front froid) s'aligne souvent dans le lit du courant. Le vent est rapide du sud vers le nord, mais la progression vers l'est du ruban de précipitations qui accompagne le front (le cœur du conflit des masses d'air) s'en trouve très ralentie, voire bloquée. Du Sud remonte de l'air chaud et humide (Méditerranée). Son opposition avec l'air froid est vigoureuse, très productive en précipitations. Quand le front froid traverse un secteur, la température chute sévèrement (elle était dopée par le Foehn).

Exemple : le thermomètre passe d'un 15°C vigoureux à un 5°C normal pour l'hiver. Mais la stagnation de la perturbation fait que la neige qui tombe en altitude refroidit de plus en plus, par mélange, l'air de la couche qu'elle traverse... jusqu'à parvenir au sol au bout de plusieurs heures de ce processus. Autrement dit, l'isotherme 0°C, initialement vers 1500 m dans l'air froid (c'est un exemple), peut s'abaisser jusqu'au sol dans ce contexte.
Les météos utilisent l'expression barbare de "neige d'isothermie", à savoir que toute une couche d'air a aligné sa température sur 0°C. Pourquoi ? Parce que 0°C est la température de la glace fondante, et c'est bien le phénomène en cause dans cette tranche d'atmosphère que les flocons de neige traversent en devenant des gouttes de pluie. Autant dire que cette situation est "vicieuse", qu'elle a déjoué plus d'une prévision. Même si le sol est d'abord mouillé par la pluie, il ne peut faire fondre la neige quand elle s'accumule encore durant des heures (il faut beaucoup d'énergie pour transformer la glace en eau ; comme le sol ne peut en fournir assez, la neige ne fond plus assez vite et la couche s'épaissit).
Quand sur une ville comme Lyon, ou comme Grenoble, 10 à 15 cm de neige recouvrent les rues la nuit, alors que le service de Voirie n'avait pas été alerté, c'est la panique au réveil...


Eté : Le Foehn est rare en cette saison, mais pas impossible. Lorsqu'il se produit, il "booste" les températures préexistantes, facilement de 3°C. Quand il s'installe, en journée, c'est déjà par temps chaud à très chaud de sud. Alors, le thermomètre flirte avec les records, s'approche des 40°C.

Les "retours d'Est"

E E
28 septembre 2007 à 12h UTC
"Inversion du champ de pression" habituel :
- anticyclone sur l'Europe du Nord,
- dépression sur l'Europe Centrale et... à la place de l'anticyclone des Açores.
La flèche rouge indique l'origine des masses d'air chaud vers le niveau 5000m.
Nébulosité importante au coeur de l'Europe. Une occlusion s'étire longuement du Sud de la Scandinavie, à l'Angleterre et au Jura : retour humide, doux et pluvieux dirigé par la toupie dépressionnaire.

Impact sur le pays
Extensions des régimes de Lombarde, on qualifie ainsi des perturbations originaires de Méditerranée, contournant des dépressions centrées soit sur l’Italie, soit sur les Balkans, l’Europe centrale.
Elles abordent la France par nos frontières de l’Est dans des flux qui vont de l’est au nord, selon la localisation du système dépressionnaire qui les pilote. Bien alimentées en vapeur, persistant durablement sur les mêmes axes d’activité, elles parviennent, de l’automne au printemps, malgré un très long parcours, à donner des précipitations parfois importantes, surtout en montagne.
Toutes les régions, tous les massifs peuvent être concernés, mais pas en même temps en principe, car le corps actif est celui d’une occlusion, étiré mais pas très large (par exemple : ou bien Vosges, Jura, et Alpes, ou bien Massif Central et Pyrénées…).
Naguère, des spéléos furent surpris un mois d’avril, dans le Vercors, par un de ces retours exceptionnellement long et actif, qui arrivait sur l’Isère dans un flux de nord rapide en altitude moyenne. Il fallut mobiliser de grands moyens pour les secourir.
L’effet orographique avait une fois de plus frappé. A savoir que le relief accentue ou non les perturbations selon que le flux frappe les pentes (effet barrage, associé à une aggravation) ou s'en éloignent après avoir franchi les crêtes (effet de Fœhn, associé à une amélioration).

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : Si l'occlusion de retour parvient jusqu'à Grenoble, des conditions très médiocres sont possibles, ne serait-ce que par persistance (perturbation assez statique en général).
Eté : Peu fréquent. Instabilité orageuse mal organisée. De préférence l'après-midi. Mais maintien nocturne de la nébulosité à plusieurs niveaux.

Anticyclonique d'Hiver

E E
25 janvier 2008 à 12h UTC
Puissant anticyclone centré sur la France.
Peu de nuages épais, susceptibles de fournir des précipitations (en blanc), mais beaucoup de nuages bas ou brouillards (jaune ou gris).
Ces images ne sont d'ailleurs pas les meilleures pour identifier les brouillards, fussent-ils étendus, à cause d'une difficulté à faire le tri entre les températures du sol et celle des phénomènes condensés peu épais.

Impact sur le pays
En hiver, l'anticyclone est souvent synonyme de grisaille dans les basses couches (inversion), d'excellentes conditions en altitude, au-dessus de 1000 à 1500 m, selon l'épaisseur de la nappe froide de rayonnement. Un anticyclone solide correspond à un type de temps durable sur plusieurs jours, parfois bien davantage.
C'est de la mi-janvier à la mi-février qu'on les rencontre le plus souvent. Mais il y a aussi fréquemment de longues périodes de beau temps dans la première moitié de l'automne. Beau temps qui peut tourner au sinistre en plaine quand brouillard ou stratus s'incrustent à n'en plus finir...
Schématiquement, on peut admettre que tant que le centre de l'anticyclone est positionné à l'ouest de la longitude de Paris, il distribue sur la France de l'air froid, le plus souvent accompagné de frimas (brouillards, nuages bas, fraîcheur ou plus ou moins grand froid, selon l'origine maritime ou continentale des masses d'air qui le contournent dans le sens des aiguilles d'une montre).
Au fur et à mesure que le centre se déplace plus à l'est (évolution classique), le vent s'oriente au sud-est puis au sud, apportant à la fois des températures adoucies, un air plus sec, qui efface peu à peu l'humidité des toutes basses couches pour éclairer le ciel de bleu. L'intensité des gelées nocturnes, habituelles dans ce contexte, dépend bien sûr de l'origine (maritime ou continentale) de l'air qui recouvre les plaines, des éclaircies qui s'y développent ou pas et de leur durée dans la nuit, de la présence ou non de neige au sol (de nuit, la neige rayonne fort par ciel clair, ce qui accentue la chute de la température).
Les conditions dans les vallées de montagne peuvent être bien différentes. Accumulant l'air froid et sec porté par les "brises de pentes", elles obtiennent l'opportunité de se débarrasser plus vite de l'humidité de basse couche. Tous ces équilibres subtils sont à anticiper avec les prévisions, qui flirtent ici avec leurs limites de fiabilité.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : Temps calme et assez froid par continentalisation de la masse d’air refroidie par rayonnement et par l’apport des brises de montagne. Selon les circonstances (présence ou non d’air humide ou d’air plus sec en relation avec les événements des jours précédents), le ciel est clair ou couvert par Stratus.
Pas de vent, sinon un écoulement sud-est de type thermique (brise amont) dans la cluse de Voreppe. Un contexte favorable à l’accumulation de pollution s’il persiste plusieurs jours, ce qui est souvent le cas.

Anticyclonique d'Eté

E E
15 juillet 2006 à 12h UTC
Les hautes pressions ont suivi le Soleil dans sa montée vers le tropique ; elles occupent ici des espaces immenses, ne laissant qu'une portion congrue à des dépressions anémiées sur le Nord Atlantique.
Faiblesse toutefois ("marais") sur l'Espagne, le Sud de la France...
Un effet de la surchauffe des sols et des couches atmosphériques inférieures.
Au reste, en milieu de journée, des nuages épars sur l'Espagne, d'autres déjà nombreux sur les crêtes pyrénéennes et alpines laissent présager une fin d'après-midi... bruyante.
A noter la différence des couleurs entre les deux exemples d'anticyclones : celui d'hiver montre des nuances brumeuses et métalliques, celui d'été des teintes fruitées, reflets, notamment, de la grande amplitude entre les températures au sol.

Impact sur le pays
En été, les anticyclones d'été n'atteignent pas les valeurs au centre, au "niveau de la mer", de ceux d'hiver, pour la simple raison qu'ils sont chauds à la base (le pied froid d'un anticyclone lui donne un surcroît de pression). Par contre en altitude, ceux d'été n'ont rien à envier à ceux d'hiver, bien au contraire.
Les anticyclones se développent souvent après le passage d'un front froid : une cellule d'altitude "chaude" confortée par la fraîcheur des basses couches. Très vite, la surchauffe du sol lui fait perdre de sa superbe : la pression baisse sous l'effet des ascendances qui prennent de plus en plus d'ampleur, ce qui conduit fréquemment à des situations de type "marais".
Mais en cette saison, anticyclone rime avec beau (fini les inversions et leurs tristes frimas!). Ce qui n'exclut pas des possibilités d'orages locaux, en montagne surtout, lorsque la masse d'air usée commence à céder face à l'extension verticale des "thermiques".

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Eté : Beau et chaud. Faible risque d’orage, mais seulement isolé sur le relief, et au bout de plusieurs jours de chaleur accumulée. Régime de brises thermiques : faible sud-est (brise amont), la nuit, dans la cluse de Voreppe, nord-ouest modéré (brise aval), dans la journée, dans ce même couloir et à son débouché sur l’agglomération.

Marais barométrique

marais marais
6 juin 2007 à 12h UTC
Aucun "centre d'action" prépondérant ; une pression molle sur des millions de km².
En dehors de la Péninsule ibérique, où le beau temps l'emporte largement en mi-journée, l'Europe est sous l'influence de masses d'air nébuleuses, quasi immobiles, qui ne vont pas manquer d'alimenter des foyers orageux multiples dans les heures à venir, en particulier sur les reliefs.

Impact sur le pays
Analogie avec les paysages marécageux, sans relief, humides, souvent malsains à cause d'eaux croupissantes, presque jamais renouvelées.
Dans le "marais barométrique", tout stagne à cause d'une pression uniforme sur de très grandes étendues : le vent ne brasse rien, le froid ou la chaleur s'y accumulent, humides et désagréables.
En saison chaude – où elles sont plus fréquentes -, ces configurations atones sont autant de marmites à orages.

Conséquences sur l'agglomération Grenobloise
Hiver : Nébulosité irrégulière (nuages bas en début de période, évoluant, si la situation persiste, vers une amélioration, par apport d'air plus sec charrié par les "brises amont", descendues des reliefs), beau en montagne, au-dessus de 1000 à 1200 m.
Ambiance assez froide, surtout quand le ciel se dégage, facilitant le rayonnement nocturne. Pas ou peu de précipitations (bruine ou flocons possibles lorsque les nuages bas sont abondants).

Eté : Temps très instable et "lourd". Evolution orageuse systématique en journée. Résidus nuageux nocturnes et en tout début de journée. Éclaircies plus ou moins étendues en matinée, suivies de développements nuageux rapides sur le relief, se généralisant ensuite.
Averses et très souvent orages en cours d’après-midi et le soir. Ils se résorbent graduellement dans la nuit. Pas de vent, sauf rafales orageuses locales et temporaires.